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vendredi 7 février 2014

En rêve

En rêve, j'ai trouvé
- Le joli, joli rêve !
En rêve, j'ai trouvé
La clochette enchantée
Qui dit la vérité.
En rêve, j'ai trouvé
- Etait-ce bien un rêve ?
En rêve, j'ai trouvé
Les miettes semées
par le petit Poucet !
En rêve, j'ai trouvé
- L'étrange, étrange rêve !
En rêve, j'ai trouvé
La citrouille si grosse
qui se change en carrosse !
Dans mon plus joli rêve,
Au pied d'un blanc perron,
J'ai trouvé, Cendrillon,
ta pantoufle de vair…
            
                Madeleine LEY

Le petit chaperon malin

« Vous avez des yeux, Mère-Grand...
De mésange !
- C’est pour mieux voir voler les anges,
Mon enfant !
- Vous avez un nez, Mère-Grand...
En trompette !
- C’est pour mieux sentir quand tu pètes,
Mon enfant !
- Vous avez des joues, Mère-Grand...
Très poilues !

- C’est pour avoir un peu trop bu,
Mon enfant !
- Vous avez des pieds, Mère-Grand...
Allongés !
- C’est que j’ai beaucoup voyagé,
Mon enfant !
- Vous avez des bras, Mère-grand...
De lutteur !
- C’est pour te serrer sur mon cœur,
Mon enfant !
- Vous avez un dos, Mère-Grand...
De chameau !
- C’est pour porter les gros fardeaux,
Mon enfant !
- Vous avez, Mère-Grand, l’oreille
Bien pointue
- C’est pour mieux entendre, vois-tu
Les abeilles !
- Vous avez la langue dehors,
Mère-Grand !
- C’est pour me rafraichir les dents
Quand je dors...
- Vous avez, vous avez... - eh bien ?
- C’est fini !
Et je crois bien que j’ai tout dit
A demain !
- Mais tu n’as rien dit de mes dents
Ma cocotte !
- C’est que je ne suis pas idiote,
Mère-Grand !

Pierre Gripari

L’anti-conte

Il y a longtemps, bien longtemps
Il y avait une bergère
Qui gardait ses moutons bêlants
Dans une clairière

Les moutons étaient tout pelés
Et la bergère était affreuse Laide,
les cheveux mal peignés
Et paresseuse

Le fils du roi vint à passer
C'était un parfait imbécile
Il n'était ni beau ni bien fait
Ni juvénile





Et comme il était de surcroît
Myope comme une théière
Il passa sans voir le minois
De la bergère

Laquelle à ce moment précis
Cherchait un pou dans son corsage
Ce qui fait qu'elle ne le vit
Pas davantage

Le fils du roi obtint la main
D'une cousine abominable
Et la bergère épousa un
Garçon d'étable

Et tout s'étant ainsi passé
Avec la plus saine logique
Sans le concours d'aucune fée
Au don magique

Ils furent très malheureux
Et n'eurent pas un seul enfant
C'est ainsi qu'il faut raconter
Aux petits enfants les légendes
Si vous désirez éviter
Qu'ils vous en redemandent

                                    Jacques Faizant